"Cet instrument, remarquable en soi, l’est d’autant plus qu’il fut conçu en même temps que l’église.
Son esthétique visuelle s’intègre parfaitement dans le mobilier de l’église, et son esthétique sonore correspond à celle du temps de la construction de l’église. L’ensemble est d’une cohérence notable."
L'ORGUE


Un peu d'histoire
En janvier 1912, le conseil presbytéral décide l’acquisition d’un orgue évalué à 20 000 marks. Une collecte auprès de 552 foyers protestants fut couronnée de succès.
Il a été réalisé en 1913 par la manufacture Walcker de Ludwigsburg, et est l’un des derniers posés en Alsace-Moselle par cette entreprise.
La réception se fit en janvier 1914. De nombreux invités, parmi lesquels le Dr Curtius, président du Directoire, et l’adjoint Timme, assistèrent à la répétition effectuée par plusieurs organistes dont le professeur Münch qui s’exclama : “ Ein prachtvolles Werk ! ” (un instrument splendide).
Le Journal Strassburger Post donne les caractéristiques techniques : ľorgue comprend 50 registres répartis sur 3 claviers et un pédalier, 3468 tuyaux (le plus grand mesure 5,20 m, le plus petit 2 cm).
Un orgue classé aux monument historiques
Le 17 novembre 1997, le buffet de l'orgue est inscrit au titre des monuments historiques.
Le 15 mai 2017, l'orgue en sa totalité (buffet et partie instrumentale) est classé au titre des monuments historiques.
Face aux prestigieux orgues Silbermann, orgues du XVIIIème siècle, si prisés en Alsace, l’originalité de cet orgue Walcker était de proposer une esthétique nouvelle de style romantique allemand avec une technologie nouvelle, la traction pneumatique, système inventé à la fin du XIXème siècle.
En Alsace, il reste l’un des rares témoins de ce système pneumatique et de cette esthétique romantique allemand.
Ce système pneumatique, une petite révolution en son temps : il permettait entre autres une flexibilité dans le positionnement et l’éloignement des consoles par rapport aux sommiers, fut par la suite décrié pour sa fragilité particulièrement aux différences de température et d’hygrométrie due en partie au très grand nombre de petits soufflets-relai en peau de mouton.
Un orgue Walcker témoin du passé
Un orgue, une église, un faubourg.
Schimpf mena une réflexion afin d’intégrer l’ensemble église-presbytère dans le tissu bâti et paysager.
L’église est à la fois une vigie avec sa tour de 40 m, visible par toute la population du faubourg, un édifice monumental prenant appui sur une haute base depuis le sud, et surtout un édifice ouvert et accueillant avec sa place arborée au nord.
Schimpf va lui conférer un caractère de centre villageois.
“Cette église qui pourrait se trouver à Helsingborg, étonne par ses formes inattendues en Alsace et inattendues à son époque. Elle est très bien mise en valeur par son site d’implantation qui lui confère une grande impression de calme et de sérénité.”
Jacques Ernest, architecte des Bâtiments de France. (Extraits du dossier de recensement du ministère de la culture)


Un orgue très peu modifié
Lorsqu’éclata la Grande Guerre, les tuyaux de façade (en étain) furent réquisitionnés par les autorités allemandes à des fins militaires en 1917. C'est en 1924 qu'ils seront remplacés par des tuyaux en zinc.
Après la Seconde Guerre Mondiale, les premiers signes de fatigue se firent sentir, nécessitant des travaux. En 1941, un violent orage causa des infiltrations à l'orgue.
Les réparations necessaires et le changement de deux jeux du grand-orgue et du récit ont été fait par Schwenkedel en 1942.
En 1945, Schwenkedel se chargea des travaux d'électrification de la transmission des notes.
En 1972, Curt Schwenkedel électrifia la traction. Malheureusement, deux jeux furent aussi modifiés : les jeux de Violoncelle et d' Aeoline (jeux romantiques propres à l'esthétique de l'orgue) ont été remplacés par les jeux de Quint et Terz (jeux d'esthétique classique).
Un relevage a été effectué en 1987 par le facteur d'orgue Kern.


1914 - Construction de l'orgue
1942 - Réparations dues à des infiltrations
1945 - Electrification de la transmission
1972 - Electrification de la traction et modification de 2 jeux
1987 - Relevage de l'orgue
St-Paul, et Koenigshoffen, plus d'1 siècle après, continue de marcher dans cette direction. Ce caractère de centre villageois que Schimpf a voulu donner à l'ensemble Eglise-Presbytère perdure encore aujourd'hui.
Avec l'arrivée du tram, le lien que l'église tisse avec les habitants de Koenigshoffen se veut encore plus fort.
Vous êtes déjà nombreux à venir au foyer de la paroisse,
Vous êtes déjà nombreux à venir aux concerts que propose la paroisse,
Vous serez encore plus nombreux à venir pour écouter notre orgue restauré.
Et aujourd'hui


La restauration, c'est une réflexion, c'est un processus. Celui de se tourner vers l'avenir. C'est vouloir transmettre aux générations futures un patrimoine musical et instrumental authentique.
C'est agir pour le faubourg, c'est promouvoir l'art et la culture à Koenigshoffen, en faire une richesse pour tous.
"L’orgue de Koenigshoffen, oeuvre du facteur Walcker de Ludwigsburg, mérite d’être conservé aux générations futures comme l’oeuvre d’une époque dont les derniers témoins risquent de disparaître. Notamment au point de vue de l’harmonisation, l’orgue de Koenigshoffen est un chef-d’oeuvre en son genre. Il n’a subi que très peu de modifications, et il faudra veiller à ce que son caractère soit intégralement conservé."
Marc Schæfer, professeur au conservatoire de Strasbourg et technicien-conseil.
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